Au point de vue physique, les Basques sont les descendants les plus directs de l’homme de Lascaux, Altamira, Santimamiñe,Urtiaga, Oxocelhaya, Cihigue, bref de Cro-Magnon. Mais quelle langue parlait celui-ci? On ne le sait pas.
L’euskara ou langue basque n’a pas de parenté connue. Aînée des langues actuelles d’Europe, elle s’est formée tres probablement sur place, comme son peuple, au moins quelques millénaires avant notre ere, sans doute a partir d’une langue-mere. Elle ne semble pas avoir d’autre ancetre. Mais elle évolue avec le temps, elle a de nombreux échanges avec les langues voisines, latino-romanes surtout.
Elle porte en elle-même des traces évidentes de grande ancienneté; par exemple la racine “aitz” (pierre) dans des noms d’outils: aizkora (pierre levée : hache), aizto (couteau en biscayen), aitzur (pierre-terre : pioche), aiztur (pierre qui déchire:ciseau), zulakaitz (pierre qui troue: pioche). ”Horma” désigne à la fois la glace et la paroi; ”lurra” il est la terre, “elurra” la neige (ez-lurra, la non-terre?)… Ce qui ferait remonter les origines àla période glaciaire, mais soyons prudents! Plus près de nous, l’euskara nomme quatre métaux dans l’ordre chronologique de leur apparition: or (urre), argent (zilar), cuivre (urraide: semblable a l’or),étain (zirraida: semblable a l’argent).
Autres signes d’ancienneté: le calendrier lunaire, l’année bipolaire été-hiver, divisée en six sous-saisons de deux mois chacune: udaberria, udamina, udazkena (l’été premier, le plein été, la fin d’été), etc…
Les Basques entrent dans l’histoire par la plume d’auteurs grecs et romains, sous les noms d’Aquitains et de Vascons principalement. Cependant le premier témoignage graphique de leur langue est dans le bronze d’Ascoli, découvert en l908 à Rome: le l8 novembre de l’an -90, il accorde la citoyenneté romaine à 30 cavaliers hispaniques, dont l2 soldats vascons de Segia-Ejea de los Caballeros. Dans cette liste de noms vascons, l’on remarque surtout le toponyme ENNEC… et les anthroponymes ELANDUS (Ellande, Allande) et ENNEGES (fils d’Eneko?).
Tite-Live, suivi de nombreux auteurs, situe les Vascons en Haute-Navarre et dans les zones contigües: Jaca, Oiasso, Calahorra…
Au nord, Jules César distingue les Aquitains des Gaulois et des Belges “par la langue, les coutumes, les lois”. Strabon ajoute qu’ils ressemblent davantage, “par la langue” et “par l’aspect physique” aux “Iberes” (qui sont leurs voisins directs: donc en l’occurrence les Vascons du sud).
Des échantillons de cette langue sont portés par des “pierres romaines”, épitaphes ou ex-votos écrits en latin, mais dédiés à des personnages ou à des divinités aux noms clairement basques. Très nombreuses vers la Garonne, rares au Pays Basque actuel (Tardets en Soule, Lerga en Haute-Navarre…), elles montrent que la langue des Aquitains et des Vascons est l’ancetre direct de l’euskara moderne, et qu’elle couvrait un espace beaucoup plus vaste que celui-ci (A.Luchaire, René Lafont, Luis Michéléna).
Ces deux faits sont confirmés par une abondante toponymie basque couvrant l’ensemble des Pyrénées et ses deux piémonts, allant meme bien au-delà, par exemple du côté de Soria et de Palencia, vers le Rhône et même les Alpes.
Les Aquitains et les Vascons ne sont certainement pas les seuls bascophones de l’époque romaine, des peuples voisins le sont aussi, malgré une celtisation de la périphérie. Selon Menendez Pidal: “Tout incline à croire aujourd’hui que le Basque est aussi ancien en Biscaye qu’en Navarre” (En torno a la lengua vasca, p. l06).
Le nom des Vascons s’étendra au VIe siecle à l’ensemble des Basques, en raison sans doute de la position centrale de la Haute-Navarre.
La romanisation a-t-elle réduit considérablement l’espace de l’euskara? On le répète à satiété, mais sans en avoir aucune preuve. Par contre, la langue basque a pris au latin et aux langues romanes une bonne partie de son vocabulaire actuel. Celles-ci lui ont aussi fait des emprunts, plus inconscients et plus cachés.
L’Aquitaine première, celle de Jules César, s’arrêtait à la Garonne. L’empereur Octavien-Auguste en fera une province romaine s’étendant jusqu’a la Loire. Mais entre le IIe et le IIIe siècle) les habitants de l’Aquitaine premiere obtinrent de “se séparer des Gaulois”, pour constituer une nouvelle province de l’empire, sous le nom de Novempopulanie (Pays des neuf peuples). La “pierre romaine” de Hasparren célebre cette victoire politico-diplomatique obtenue par le chef local Vérus.
Quel fut le critère utilisé pour se distinguer des Gaulois? Sans doute la différence des langues (car le celtique survécut semble-t-il à la romanisation), mais la preuve nous manque.
Au IVe siècle, le poete bordelais Ausone (Ausonius) traite les Vascons du “saltus” de païens et de barbares. Mais il écrit également que l’on parle la langue vasconne a Dax, chez sa grand-mere maternelle. Probablement on y parle aussi le latin.
Le christianisme n’a pu se propager dans les campagnes que par l’intermédiaire des Vascons bilingues de l’”ager” et des petites villes (Calahorra, Dax…), comme dans tous les pays de mission.
Pendant ce demi-millénaire, les Vascons manifestent un grand dynamisme entre l’Ebre et la Garonne. Ils tiennent en échec les Francs au nord, les Visigoths puis l’Espagne musulmane au sud.
602 Un duché est créé en Novempopulanie.
626 Le nom de Vasconie remplace désormais celui de Novempopulanie.
Le pouvoir des ducs et princes de Vasconie s’étend aussi au sud.
824 Création du royaume de Pampelune (Vasconie ultérieure).
Alliance familiale et politique avec les ducs et princes de Vasconie citérieure ou Gascogne.
Les frontières politico-militaires de la Vasconie fluctuent au gré de ses victoires et de ses échecs.
Qui de ses limites linguistiques? Une grande obscurité couvre sur ce point tout le haut Moyen Age.
Xe siècle
Deux courtes phrases en euskara sont écrites par un moine bilingue de San Millan de la Cogolla, dans la Rioja, auprès de quelques autres en romance, dans un texte latin de St-Augustin: ce sont les “Glosas Emilianenses”. C’est peu! Mais la présence de l’euskara se montre davantage, indirectement, par les noms basques des nombreux moines de San Millan et d’Albelda.
1060 “La langue naturelle du pays (de Nabarra ou Navarre), dont l’étrangeté avait été déja remarquée par les Anciens, est dite dans un texte du monastere de Leyre de 1060 “basconea lingua”: la langue basque.” (Jean-Baptiste ORPUSTAN, Le Pays de Cize, éd. Izpegi, Baigorri, p. 118).
Une donation de 1060 affirme “que les rois de Navarre de ces temps userent du basque comme langue personnelle et naturelle.” (Mateo de ANGUIANO, Compendio historial).
Abadal, Joan Corominas, Ferran Soldevila pensent que l’euskara s’est maintenu dans le Haut-Pallars jusqu’aux environs de l’an mille.
Le professeur Jacques Allieres suggere la meme chose pour le Val d’Aran d’apres le fameux vers 384 de la Chanson de sainte Foy, l’un des premiers textes littéraires occitans (Xe siècle); “Cisclaun’l Bascon que son d’Aran”
(…) “Les Basques qui sont d’Aran hurlent”. (…) Effectivement ces Bascon, opposés aux Gascons, sont bien des “Basques” (…).” (Les Basques, Que sais-je? N° 1668, p. 30).
A l’extreme opposé de l’espace vascon, l’euskara frôle les portes de Burgos. Au sud il vit a Miranda de Arga et a Olite-Erriberri. Sa présence sera signalée bien plus tard encare a Tudéla et a Huesca, comme nous le verrons dans la partie suivante.
Une telle extension de la langue est-elle due au seul repeuplement de l’”ager” par les Vascons christianisés du “saltus”, après la reconquete sur les musulmans? Ou bien la continuité linguistique ne fut-elle jamais rompue par la romanisation puis l’arabisation, celles-ci affectant peu le “menu peuple”? C’est une question qui reste à élucider.
Au nord, en ce qui concerne la langue, nous manquons totalement de documents pour cette époque, a l’exception de ce vers 384 sur le Val d’Aran.
1000-1500 de notre ère.
1140 (vers) Aimeryc Picaud, prêtre français, pélerin de Compostele, dresse un tableau abominable des Basques, mais recueille une vingtaine de mots courants.
1167 Dans un document signé du roi de Navarre Sanche VI le Sage, l’euskara est appelé “lingua navarrorum” (la langue des Navarrais).
1239 Le roi de Castille Fernando III le Saint permet aux habitants d’Ojacastro, dans la Rioja, d’employer l’euskara devant les juges.
1349 Les autorités de Huesca interdisent l’usage de l’arabe, de l’hébreu et du basque au marché.
Fin du XIVe s.
Dans le Censier de Béarn, beaucoup de maisons béarnaises de la basse vallée du Saison, entre la Soule et Sauveterre-de-Béarn, ont deux noms, l’un basque, l’autre occitan, ce qui est un signe de bilinguisme.
1415 Un fonctionnaire des finances royales de Pampelune écrit en basque à son collègue de St-Jean-Pied-de-Port, qui lui répond dans la même langue.
1321-1471 Assez nombreux fragments de chants épiques évoquant des combats (Béotibar, Acondia, Urrijola, Aramayona, Mondragon, Munguia, meurtre de Berterèche…).
Fragments de chants élégiaques également (Alos Torrea…), transmis oralement.
Le latin est la langue officielle de l’Eglise catholique. Du début de la christianisation a la fin du Moyen Age, celle-ci ne laisse aucune production écrite en euskara!
Pour les rois et les princes aussi, la langue officielle est le latin. Mais les langues romanes prendront le relais, plus ou moins tot suivant les territoires. L’occitan apparait dans les textes juridiques et dans certains actes officiels, à partir de 1240 en Navarre et en Guipuzcoa pour un siècle et demi en 1270 au Béarn; à une date indéterminée dans l’Aquitaine, sous les ducs anglais.
Cependant l’euskara n’est pas totalement exclu de l’administration royale (Lingua navarrorum, Ojacastro, lettres de 2 fonctionnaires navarrais en 1415…). De nombreux noms et mots basques, d’expressions et formules courtes se trouvent dans les documents navarrais écrits en latin ou en romance: Fuero General de Navarra et autres documents de l’Archivo General de Navarra… Il est temps de s’y intéresser.
1539 François 1er, roi de France, signe l’ordonnance de Villers-Cotterèts qui impose l’usage du français dans les actes officiels et de justice. L’ordonnance s’oppose à l’hégémonie du latin (langue officielle jusque là), mais elle sera utilisée jusqu’à nos jours pour exclure de la Vie officielle les langues dites “régionales”.
1535-1546 La langue basque est présente à Tudéla et “documentée”.
Sa présence a olite-Erriberri est également attestée en 1574.
1535-1562 Petit texte en basque de Rabelais, dictionnaire de l’italien Landuchio, brefs apports de divers auteurs non basques et de voyageurs…
1545 Premier livre en euskara: Linguae Vasconum Primitiae, recueil de poemes religieux et profanes; l’auteur est un prêtre bas-navarais du Pays de Cize, Bernat Detchepare.
1561 Publication d’une “Doctrina Christiana”, catéchisme bilingue écrit par le prêtre navarrais Sancho de Elso, imprimé à Estella (Lizarra). Introuvable pour le moment.
1564-67 Elégie de Juan de Amendux.
1564-67 Manuscrit inédit de Joan Perez de Lazarraga, du village de Larrea en Alava, laïc, recueil de poèmes, de chants et de courts récits amoureux; ce manuscrit a été découvert et acheté en 20 à Madrid par la Diputacion (conseil général) du Guipuzkoa (Saint-Sébastien).
1571 Publication a La Rochelle d’une traduction du Nouveau Testament par le pasteur calviniste Jean de Lissarrague (natif de Briscous en Labourd, exerçant a Labastide-Clairence en Basse-Navarre), sur l’ordre de Jeanne III.
1596 Publication à Bilbao d’une autre catéchisme bilingue, du “doctor Betolaza”, rééditée par Luis Michéléna.
1596 “Refranes y Sentencias comunes en Bascuence”, avec traduction: livre anonyme publié à Pampelune.
De son côté l’historien Garibay (1533-1599) publiera 2 collections de “Refranes”.
En Haute-Navarre, le “Rigistro” de 1587 induit la limite de la zone castillanophone a Carcastillo, Murillo Fruto, Santacara, Pitillas, Olite, Tafalla, Artajona, Oteiza, Estella, Ayegui, Acedo.
Mais en 1592, à l’occasion du voyage de Philippe II en Haute-Navarre, le chroniquer Enrique Cock note la présence massive de l’euskara dans le menu peuple d’Este11a. Quant aux “élites”, elles étaient certainement bilingues. Mais du moment qu’elles savaient le castillan, l’on avait tendance à décider qu’elles ignoraient l’euskara. La même observation vaut aussi pour les territoires “romanzados”, qui pouvaient très bien être bilingues.
A noter qu’à l’époque l’on disait “biscayen” pour désigner les Basques et leur langue: voir Cervantes, de Thou à propos de Lissarrague, saint François de Xavier, “la mía (lengua es) vizcaina.”

C’est le siecle d’or de la littérature basque en Pays de Labourd, avec une dizaine de bons auteurs autour d’Axular, dont deux nouveaux bascophones, les prêtres francais Materre et Pouvreau.
Le Pays de Soule aussi a des écrivains réputés: l’avocat Oihenart, les curés Tartas et Bélapeyre. Celui-ci publie en l696 le premier catéchisme en dialecte souletin) père du souletin classique.
1643 Publication du fameux livre “Gero”, d’Axular. Son auteur, Pedro Daguerre et Azpilcueta, est né à Urdax, en Haute-Navarre, dans la maison Axular. Curé de la paroisse voisine, Sare, en Labourd, il devient le chef de file d’une école littéraire.

Dans l’avant-propos de son livre, il donne un aperçu de l’espace bascophone de son époque: “Car l’on parle (basque) de nombreuses façons au pays basque, en haute Navarre, en basse Navarre, en Soule, au Labourd, en Guipuzcoa, en Biscaye, au pays d’Alava, et en de nombreux autres lieux”. Il ne précise pas quels sont ces autres lieux.
Dans son ouvrage “Navarra, Historia del euskera”, J.M. Jimeno Jurio, dans le chapitre 4 intitulé “El euskera lengua nacional, siglo XVI”, constate et souligne la vigueur de cette langue dans la majeure partie de la Haute-Navarre et du diocese de Pampelune. Il se base sur divers témoignages et documents de l’époque.
En Biscaye et Guipuzcoa, territoires non moins bascophones, il se produit un phénomène étonnant et très inquiétant: la couronne espagnole décrète que pour faire partie de leurs assemblées délibératives, il faut savoir parler et écrire en castillan. Par la suite l’on verra des élus biscayens, par exemple, sonctionnés pour avoir parlé basque sous l’arbre de Guernica! Expulsés de la réunion, certains avaient été frappés de peines d’amende, et meme de prison…
De ce fait on comprend que les premiers auteurs de ces territoires se soient appliqués à faire, en castillan, l’apologie de l’euskara: Echave, Lope de Isasti…
En Pays de Soule l’abbé Athanase de Bélapeyre, vicaire général de l’évêque d’Oloron, ordonne aux curés de son Pays d’ouvrir une école dans chaque paroisse. Ces écoles s’ouvriront effectivement au XVIIIe siecle et fonctionneront jusqu’a la Révolution française. L’enseignement s’y fait en euskara.

La production écrite se développe en Biscaye et surtout en Guipuzcoa, avec les jésuites Larramendi, Cardabéraz et Mendiburu. Mais en Labourd et en Soule, elle est moins florissante qu’au XVIIe siecle.
En Alava l’on constate un recul massif de l’euskara au XVIIIe siecle. Toutefois, selon un texte de 1787, Vitoria-Gasteiz est encore completement cernée de villages bascophones.
En Haute-Navarre le grand recul commencera vers la fin du XVIIIe siecle, sous le centralisme sévere des premiers rois bourbons.
l707 Par ses “Decretos de Nueva Planta”, Philippe V s’attaque d’abord aux Fors du royaume d’Aragon et de Catalogne.
l7l6 La langue catalane est exclue de la vie publique et du commerce.
l759 Carlos III s’en prend à toutes les langues non castillanes de l’empire hispano-américain, pour imposer partout le monolinguisme castillan.
L’enseignement primaire devient obligatoire. Il se fera totalement en castillan. Les maitres et les éleves contrevenants seront sévérement punis.
l766 Le ministre Aranda interdit l’impression à Pampelune d’une vie de saint Ignace de Loyola, parce qu’elle est écrite en euskara.
l767 L’expulsion des jésuites prive l’euskara d’un soutien brillant et prestigieux.
l777 Inauguration du séminaire de Pampelune. Aucune place pour l’euskara dans la formation des séminaristes.
La fidélité traditionnelle du clergé à la “lingua navarrorum” cesse d’etre unanime. Des prètres castillanophones sont nommés dans des zones massivement bascophones.
Des pretres bascophones délaissent l’euskara par commodité personnelle: le catéchisme étant enseigné à l’école en castillan ils imposent cette langue à l’église (prieres,annonces, sermons…).
Vers la fin du XVIIIe siecle, l’usage de l’euskara commence donc a faiblir dans la ville et le bassin de Pampelune, et surtout son prestige baisse sous la pression de la propagande officielle.
Toutefois l’on constate jusqu’au milieu du XIXe siecle au moins, la présence assez importante de bascophones a Pampelune et sensiblement au sud de celle-ci.
Il semble que les mesures d’exclusion de l’euskara soient moins radicales dans les Vascongadas: l’on y prend certainement plus de précautions, car ces trois territoires ont une longue histoire commune avec la Castille, tandis que la Navarre est un royaume annexé plus tard et qui garde le souvenir de son antique souveraineté.
l789 Le Biltzar du Labourd utilisait l’euskara, meme par écrit. Il rédige les Cahiers de Doléances dans les deux langues.
La zone ajourd’hui gasconne de Bidache et de Guiche est encore bilingue.

1930 Renaissance littéraire avec Lauaxeta, Lizardi, et…
1936 Statut d’autonomie: l’euskara est langue coofficielle sur le territoire tenu par le gouvernement basque.
1936-1976 Le franquisme persécute l’euskara, en Biscaye, en Guipuzcoa et en Haute-Navarre: mais ici le discrédit de la langue basque est large.
1964 Vers la fin du franquisme, le mouvement de renaissanc renoue le fil coupé en 1936: S. Michéléna, Etxaide, Txillardegi, Mirande, Iratzeder, Aresti…
Le mouvement des ikastolak se développe, ainsi que les cours du soir pour adultes (future A.E.K).
1979 Nouveau statut d’autonomie: l’euskara redevient langue coofficielle dans les 3 Vascongadas.
Il est coofficiel aussi dans la partie montagneuse de la Haute Navarre. Statut mitigé dans la zone moyenne. Exclu de la vie publique dans la Ribéra.
N’importe la cofficialité de l’euskara se heurte souvent a l’inertie des administrations.
La chaine 1 de la Télévision basque ETB favorise la diffusion du Basque Unifié sur les 7 territoires historiques basques.
Les radios bascophones ont un role plus régional ou local.
L’enseignement en euskara se développe dans les universités publiques et privées des Vascongadas.
Au nord, la Révolution française mène une politique linguistique contrastée.
1790-93 Le parlement fait traduire ses décrets en basque, etc…
1794 Doctrine très nationaliste: le français, langue unique.
Mais aussi manifestations, affiches, calendrier révolutionnaire en euskara.
1837 Le français sera imposé progressivement comme langue unique à l’école (et dans l’administration) pendant près de 2 siècles.
1951 Très petite ouverture à l’école avec la loi Deixonne.
1969 Nouvelle minuscule brêche avec les instituteurs itinérants. Surtout début des ikastolak: elles progresseront réguliérement dans le réseau Seaska, l’on y apprend vraiment l’euskara, par immersion. Puis naissent les classes bilingues de l’école publique (lkas-Bi) et catholique (Euskal Haziak).

1994 Réunie a Biarritz, Euskaltzaindia revendique l’officialisation de l’euskara par la République Française. Cette Académie a mis au point un basque standard à partir de 1964 (Biltzar de Bayonne).
Le mouvement linguistique et culturel né avec les Jeux Floraux du savant d’Abbadie (1853), l’Asociacion Euskera de Navarra (1876) Euskalzaleen Biltzarra (1901), Euskal Esnalea (1907)… se développe considérablement vers la fin du XXe siècle: hebdos Herria et Argia, quotidien Egunkaria (fermé par la Guardia Civil) puis Berria, radios libres, édition (foires aux livres de Durango et de Sare), organismes semi-publics (Ikas et l’Institut Culturel Basque à Ustaritz), cours du soir pour adultes (A.E.K.)…
Le nombre des bascophones augmente considérablement dans la Communauté Autonome d’Euskadi (Vascongadas), légérement en Haute-Navarre) et s’effondre chez les enfants et les jeunes dans les 3 territoires basques d’Aquitaine, par manque d’officialisation et de politique linguistique.
Comme l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), l’article 2 de la Constitution française, “La langue de la République est le français” (1992), serà exclure de la vie publique les langues dites “régionales”. La France ne ratifie pas la Charte Européenne des langues “minorisées”.















